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Journée d'étude "Énaction et transdisciplinarité : L’approche énactive au cœur d’une constellation transdisciplinaire"

Publié le 20 mars 2026

Cette journée d'étude est co-organisée par Marie Potapushkina-Delfosse et Joëlle Aden, enseignantes-chercheuses et membres de l'équipe de recherche LANGUenACT, laboratoire IMAGER de la Faculté LLSH à l'Université Paris-Est Créteil.

Journée d'étude
Journée d'étude "Énaction et transdisciplinarité : L’approche énactive au cœur d’une constellation transdisciplinaire"
Date(s)

le 11 avril 2026

De 9h30 à 16h
Lieu(x)
Université Paris-Est Créteil 
Campus Centre - Bâtiment i - Salle i3-106
61, avenue du Général de Gaulle - 94000 Créteil

Présentation

L’approche énactive de Francisco Varela s’est développée à la croisée de courants qui ont convergé, au cours du 20e siècle, vers une nouvelle compréhension de la cognition et une redéfinition de la place de l’Humain dans l’univers.

Les approches énactives en éducation s’appuient sur les notions telles que le couplage action-perception, l’autopoïèse, la corporéité, l’émergence du sens, l’interaction homme-environnement et pour certaines équipes, la neuro-phénoménologie. 

Lors de cette journée, nous évoquerons des points de convergence et de divergence entre la philosophie énactive et des théoriciens jusque-là rarement associés à Varela. Nous nous demanderons dans quelle mesure ces rapprochements sont susceptibles d’actualiser sa pensée et d’enrichir les pratiques du courant énactif dans le domaine de l’éducation et de la formation. Pour cela, nos invités tisseront des liens avec des chercheurs influents en philosophie (Gilbert Simondon), en anthropologie (Marcel Jousse) et en sémiotique.
 

Programme

  • 9h30 – 10h  Accueil café
  • 10h – 10h30  Introduction chorale à la journée par Rachel Roguin, doctorante IMAGER-LanguEnact.
    Modération : Joëlle Aden 
  • 10h30 – 11h30  Emilien Dereclenne
    Titre : L’approche enactive et la philosophie simondonienne de l’individuation
  • 11h30 - 11h45  Pause café
  • 11h45 – 12h45  Valeria De Luca, Maitre de conférences, Université de Limoges
    Titre : Francisco Varela et la sémiotique. Notes sur un héritage diffus, de l’embodiment à la sémiogenèse
  • 12h45 – 14h 15  Repas partagé
  • 14h15 – 15h15  Marie Potapushkina-Delfosse 
    Titre : Francisco Varela et Marcel Jousse : au croisement de l’énaction et de l’anthropologie du geste
  • 15h15 - 16h  Atelier échanges 

Invités

Emilien Dereclenne 

Biographie : Emilien Dereclenne est docteur en philosophie des sciences, actuellement post-doctorant à l’UM6P de Ben Guerir. Ses travaux se situent à l’interface entre philosophie de la cognition, anthropologie des techniques et esthétique. Il s’intéresse à la manière dont les pratiques techniques et socio-matérielles participent à la constitution des processus cognitifs, imaginatifs, affectifs et expressifs. Ses pratiques artistiques, musique, théâtre et cinéma, constituent des terrains d’enquête philosophique sur les dynamiques perceptivo-actives et collectives de la création. Il est l’auteur de Technics and Enaction: a philosophy of imagination (Bloomsbury Publishing, 2025).

Résumé : L’approche énactive se tourne depuis peu vers la philosophie simondonienne de l’individuation (Poulsgaard 2019, Di Paolo 2021, Dereclenne, 2020, 2025). Pour cause, les convergences sont nombreuses : 
réinscrire toute conception de la subjectivité au sein d’une philosophie de la vie ; penser l’individuation psychique et collective à l’aune d’une ontologie relationnelle qui rappelle, à bien des égards, la notion varélienne de couplage perception-action. L’intérêt de ce rapprochement tient cependant moins aux affinités, qu’aux points de divergence, qui offrent aujourd’hui à l’énaction des ressources pour approfondir et mener à bien son programme théorique. 

Dans cette conférence, je me concentrerai sur trois points. D’abord, je montrerai comment l’approche simondonienne de la vie, dite « transductive », permet à l’énaction de conscientiser et questionner certains postulats théoriques liés à son héritage phénoménologique, en particulier merleau-pontien. Ensuite, comment Simondon permet à l’approche énactive de mener à bien son projet théorique de penser, au-delà du rapport vie-corps-subjectivité, la relation constitutive entre vie, subjectivité et technique. Enfin, comment la notion simondonienne de « transindividuel » nourrit aujourd’hui les réflexions d’énactivistes sur la cognition sociale. J’ancrerai mon propos dans la description énactive et simondonienne d’une création théâtrale. 

Valeria De Luca

Biographie : Valeria De Luca est Maître de conférences en Sciences du langage/Sémiotique à l’Université de Limoges, où elle dirige le Master de sémiotique. Ses travaux portent sur des notions se situant à la frontière entre sémiotique, esthétique et anthropologie, telles que celles de geste, forme, figuralité du sens, matérialité, pratiques socio-esthétiques. A partir de son ouvrage Le tango argentin. Gestes, formes, sens (2021), ses terrains de recherche actuels incluent les arts vivants, les pratiques et formes d’engagement social, esthétique, artistique, médiatique. 

Parmi ses publications : 
De Luca, V. (2025). « Pour une sémioesthétique sociale. Horizons et défis de quelques “pratiques socio-artistiques” d’aujourd’hui ».
De Luca, V. (2024). « Du sensible au figural, et retour. La performativité distribuée » dans Sensible de l’Estudio Biopus (Buenos Aires).

Résumé : Valeria De Luca dressera un tableau de l’héritage de la pensée varelienne en sémiotique qui, en dépit de multiples références explicites à ses propositions, s’avère diffus et, peut-être, pas autant incisif que l’on pourrait croire. En revanche, elle pourra montrer que cet héritage est vivant et opérationnel dans des approches qui, bien que nourries par la pensée du philosophe, y sembleraient de prime abord, plus éloignées. 

Marie Potapushkina-Delfosse

Biographie : Marie Potapushkina est maître de conférences HDR en Sciences du langage au sein du laboratoire IMAGER (UPEC) dont elle co-encadre l’équipe LanguEnact. Sa recherche porte sur l’enseignement des langues vivantes au travers de pratiques artistiques (geste pictural et dansé), sur la place de l’expérience esthétique dans l’éducation aux langues et langages ainsi que sur l’évolution des médiations muséales expérientielles. Elle développe la pictophénoménologie – une démarche de recherche en première personne, basée sur les arts. Elle enseigne essentiellement à l’INSPE de l’académie de Créteil dans le cadre du Master MEEF (premier et second degré) et du Master Art’Enact – Pratiques artistiques dans une écologie énactive des apprentissages, qu’elle co-dirige.

Résumé : Cette communication mettra en lumière des points de convergence entre les concepts clés qui caractérisent l’héritage transdisciplinaire des deux chercheurs - l’autopoïèse, pour Varela, et l’intussusception pour Jousse. Il s’agira également de croiser leurs approches respectives de la cognition, ancrées toutes deux dans la corporéité, à travers l’examen des notions emblématiques de couplage perception-action (Varela) et de (re)jeu (Jousse).
Jousse, M. (2008). L’Anthropologie du Geste. Gallimard.
Varela, F. (2017). Le cercle créateur. Écrits (1976-2001). Seuil.

 

Organisation

  • Marie Potapushkina-Delfosse, Maîtresse de conférences HDR en Sciences du Langage à l'UPEC/INSPE, membre de l'équipe LANGUenACT, IMAGER.
  • Joëlle Aden, Professeure émérite en sciences du langage, membre de l'équipe LANGUenACT, IMAGER.