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Journée d'étude "Le genre dans la numismatique"

Publié le 26 octobre 2026

Cette journée d'étude est organisée par Marc-Antoine Quignodon, doctorant en histoire contemporaine à l’UPEC et membre du laboratoire CRHEC et Charlotte Rousset, docteure en histoire moderne de l’Université de Lille.

Date(s)

le 4 novembre 2026

De 13h30 à 18h15
Lieu(x)
UNIVERSITÉ PARIS-EST CRÉTEIL
Campus Centre - Bâtiment i - Salle Erasme (i3-218)
61, avenue du Général de Gaulle - 94000 Créteil
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Présentation

À l’heure où l’histoire des femmes renouvelle profondément les approches de l’histoire, de l’histoire de l’art, des collections et des pratiques savantes, cette journée d’étude souhaite interroger la place des femmes dans le monde de la médaille et de la numismatique en Europe, des Lumières à la Grande-Guerre. Longtemps envisagé comme un domaine essentiellement masculin1 – celui des érudits, antiquaires, collectionneurs et conservateurs – l’univers médaillistique apparaît pourtant traversé par des présences féminines multiples qu’il convient aujourd’hui de mettre en lumière.

Collectionneuses de monnaies et de médailles telles que Catherine II de Russie (1729-1796) ou la duchesse de Berry (1798-1870), héritières et détentrices de cabinets numismatiques, épouses, correspondantes ou collaboratrices de collectionneurs et de savants à l’image de Marthe-Marguerite de Caylus (1671-1729) ou de Sophie de Condorcet (1764-1822), les femmes participent pleinement à la constitution, à la transmission et à la diffusion des savoirs numismatiques. Certaines jouent un rôle actif dans les réseaux de sociabilité érudite qui se développent aux XVIIIe et XIXe siècles ; d’autres, comme Elvira Eliza Clain-Stefanelli (1914-2001), prennent la tête d’institutions patrimoniales, de bibliothèques ou de cabinets de médailles, contribuant à la conservation et à la valorisation de ces collections. À travers leurs pratiques, leurs écrits, leurs correspondances ou leurs engagements institutionnels, elles participent à une histoire culturelle encore largement à étudier.

Certaines participent directement à la création de monnaies et de médailles comme graveuses, sculptrices ou médailleuses. Malgré les obstacles institutionnels et académiques qui limitaient leur accès aux arts du métal et de la gravure, plusieurs artistes femmes parvinrent à s’imposer dans le champ médaillistique entre le XVIIIe et le début du XXe siècle, à l’image de Élisa Beetz-Charpentier (1859-1949) ou de Geneviève Granger (1877-1967). Portraits officiels, médailles commémoratives et récompenses institutionnelles témoignent ainsi de leur contribution à la culture visuelle et politique de leur temps, tout en invitant à repenser la place des femmes dans l’histoire de la médaille et des arts décoratifs.

La médaille constitue également un support privilégié de représentation du féminin. Figures allégoriques, souveraines, mécènes, héroïnes nationales, saintes, épouses ou mères exemplaires peuplent les productions médaillistiques des XVIIIe et XIXe siècles. Marie, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette, la reine Victoria ou encore Charlotte Corday incarnent ainsi des usages politiques, mémoriels et symboliques du féminin à travers l’objet médaille. À travers ces effigies se dessinent des modèles de vertu, des constructions politiques du pouvoir féminin, mais aussi des représentations genrées du corps et des rôles sociaux. A l’inverse, des productions métalliques satiriques voient le jour en 1848 lorsque quelques femmes prennent la parole pour demander le rétablissement du divorce et le droit de vote. De la médaille d’Ancien Régime en passant par les productions révolutionnaires et impériales, les images féminines offrent ainsi un observatoire privilégié des imaginaires sociaux et politiques.

Cette journée d’étude entend donc croiser histoire, histoire de l’art, histoire des institutions, histoire des collections, histoire du genre, ainsi que l’histoire des représentations et des sensibilités afin de mieux comprendre les multiples relations que les femmes entretiennent avec l’objet monétaire et médaillistique, entre le XVIIIe siècle et la Première Guerre mondiale. Plusieurs problématiques pourront ainsi être explorées : de quelles manières les femmes participent-elles à la production, à la circulation et à la légitimation des savoirs médaillistiques ? Dans quelle mesure les représentations féminines sur les monnaies et les médailles contribuent-elles à construire des modèles politiques, sociaux ou moraux du féminin ? Enfin, comment les pratiques artistiques des médailleuses et graveuses permettent-elles de repenser les hiérarchies de genre dans les arts décoratifs et les institutions savantes ? Dans quelle mesure les représentations féminines sur les monnaies et les médailles contribuent-elles à construire des modèles politiques, sociaux ou moraux du féminin ? Enfin, comment les pratiques artistiques des médailleuses et graveuses permettent-elles de repenser les hiérarchies de genre dans les arts décoratifs et les institutions savantes ?

1 Thierry Sarmant, La République des médailles. Numismates et collections numismatiques à Paris du Grand Siècle au siècle des Lumières, Paris, Champion, 2003.
 

Programme

4 novembre 2026
  • 13h30 Café, accueil des participant.e.s
  • 14h00 Conférence d’ouverture 
    Sylvain Borzillo, historien et conservateur, responsable du Cabinet des Monnaies et Médailles de la ville de Marseille depuis 2020 : « Reines, impératrices et femmes d’influence : construire le pouvoir au féminin par la monnaie et la médaille (Antiquité–XXe siècle) »
  • SESSION 1 : LES REPRÉSENTATIONS MÉTALLIQUES DES POUVOIRS FÉMININS
  • 14h45-15h15 Camille Crunchant, docteure en histoire moderne, responsable d’édition scientifique à la Fondation Napoléon : « Les sœurs de Napoléon dans la médaille du Premier Empire : quelle place pour les femmes dans la représentation dynastique ? » 
  • 15h15-15h30 Discussion
  • 15h30-16h00 Clément Démaret, doctorant en histoire contemporaine à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, « Louise d’Artois, une « dame de fer » oubliée ? Représenter et légitimer le pouvoir féminin dans les monnaies et médailles de la Maison de Bourbon-Parme (1819-1858) »
  • 16h15-16h30 Discussion
  • 16h30-17h00 Pause-café
  • SESSION 2 : LES ACTRICES DU MONDE NUMISMATIQUE
  • 17h00-17h30 Sarah de Bogui, bibliothécaire spécialisée en livres anciens, responsable des collections patrimoniales de la bibliothèque de l’Assemblée nationale depuis 2020, « Le mystère Caroline Grandjean, médailleuse de la Restauration »
  • 17h30-17h45 Discussion
  • 17h45-18h15 Conférence de clôture 
    Léa Saint-Raymond, maîtresse de conférences en histoire de l’art à l’Université PSL, Christine Vivet-Peclet, docteure en histoire de l’art et conservatrice en chef des collections 1800-1945 à la Cité de la céramique – Sèvres et Limoges, et Lazar van Berchem, étudiant en master Humanités numériques de l’ENC-PSL « Les collectionneuses de monnaies et médailles en France et à l’étranger de 1862 à 1937 »
 

Organisation

  • Marc-Antoine Quignodon, doctorant en histoire contemporaine à l’UPEC et membre du laboratoire CRHEC.
  • Charlotte Rousset, docteure en histoire moderne de l’Université de Lille et membre du laboratoire IRHIS.